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Se renseigner sur le Mont-Saint-Michel

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Le Mont Saint Michel, quatre mots qui évoquent à eux seuls la foi inébranlable des chrétiens ayant façonné son histoire sur plusieurs décennies, quatre mots qui se matérialisent par le côté pittoresque d’un édifice s’élevant au ciel telle l’empreinte du Tout Puissant, quatre mots qui représentent un lieu de recueillement et de renouvellement de la foi pour le pèlerin. A travers les âges en effet, une multitude de chrétiens venus des quatre coins du monde vont converger vers ce fameux lieu de pèlerinage assimilé à Jérusalem, la cité céleste. Outre cette première destinée, le mont fait l’objet d’une activité touristique florissante par la beauté de ses constructions et par le panorama éblouissant du haut de ses remparts.

Patrimoine mondial de l'UNESCO et non moins patrimoine chrétien, le mont fascine le monde entier. Aux premiers temps, les chanoines, puis les bénédictins, et aujourd'hui les fraternités monastiques de Jérusalem vont développer la vocation pieuse du lieu.

De simple oratoire au tout début, le Mont Saint Michel connaîtra au cours des siècles une évolution structurelle à laquelle prendront part abbés, moines, membres de la noblesse ou simples gens. La construction originelle s'inspira du sanctuaire italien du Monte Gargano. Puis en 1017, suite au nombre croissant de pèlerins, une église abbatiale romane de plus grande envergure, supportée par des cryptes, prit forme.

Plusieurs autres structures à l'exemple de « la Merveille », servant de demeure aux moines furent progressivement mis en place. L'endroit fut ensuite fortifié par l'édification d'une citadelle durant la guerre de 100 ans. Aujourd'hui, tours, ponts levis, remparts, architecture romane et gothique témoignent de la période médiévale vécue par le Mont, malgré la succession de conflits et de ravages taillés dans son histoire.

Récits de miracles

Le Mont Saint Michel compte d'innombrables récits miraculeux recueillis par les moines. L'origine même relève du miracle. Guidé par les révélations successives que l'archange Saint Michel lui inspira en rêves, l'évêque Aubert, entama une démarche, d'avance vouée à l'échec par les sceptiques, auprès de la hiérarchie chrétienne pour construire un lieu de culte. Mais à la vue du signe indélébile que l'archange, lui posa sur la tête, suite à ses incertitudes, tout se déroula avec une aisance surprenante. La mission semblait certes impossible, le Mont Saint Michel (dénommé alors « Mont Tombe »), n'étant que deux rochers disloqués sur lesquels l'idée d'un quelconque édifice était absurde. Mais « miracle » étant le maître mot de ce lieu saint, la construction fut une parfaite réussite.

L'histoire de cette femme de l'an 1011, qui accoucha miraculeusement au milieu d'un énorme puits d'eau de mer, témoigne de la protection divine matérialisée à travers l'invocation de l'archange. Guérisons scientifiquement inexpliquées, indulgences divines, circonstances miraculeuses se sont succédés au cours des siècles pour faire du Mont Saint Michel un lieu de pèlerinage reconnu à travers le monde.

Le culte de l'archange à travers les âges

L'archange Saint Michel, chef des milices angéliques, trône solennellement au sommet de l'église abbatiale du Mont Saint Michel. Symbole de la lutte perpétuelle du bien contre le mal, l'archange a fait l'objet d'une vénération en Orient, dès le IVème siècle. Son culte s'étendit en Occident au Vème siècle, à l'exemple du premier sanctuaire Monte Sant'Angelo érigé en son honneur en Italie. L'an 1000 marqua la construction de plusieurs chapelles et monuments religieux, édifiés en hauteur afin de rappeler son statut de « chef des anges ».

Les multiples apparitions comme celle de 590 à Saint Grégoire, à Sainte Jeanne d'arc ou à Saint Aubert contribuèrent à renforcer les pèlerinages et cultes dédiés à l'archange. Saint patron de l'église catholique, et de plusieurs pays et contrées telles que l'Allemagne et bien sûr la Normandie, l'archange a également été choisi par certains membres de la monarchie italienne comme leur protecteur.

Des chemins et des pèlerins

Dès la consécration de la chapelle en 709, les pèlerins, qui au début provenaient principalement du sud de l'Europe, convergeaient vers ce lieu saint. Par la suite, les pèlerins concevaient tout un réseau d'itinéraires depuis l'Europe du nord, que l'association « Les chemins du Mont saint Michel » entreprend aujourd'hui de perpétuer.

Depuis le premier pèlerin, un moine franc du nom de Bernard, de nombreux chrétiens issus de toutes les couches sociales vont affluer au Mont. L'affluence ne s'essouffla que durant la révolution française (le Mont fut transformé en une redoutable prison) pour reprendre de plus belle jusqu'à aujourd'hui. Dès lors, rois de France, chrétiens d'origine modeste et même groupes d'enfants se passant de l'autorisation de leurs parents se rendirent en pèlerinage au Mont Saint Michel. Les raisons étaient multiples, pour ne citer que la recherche de guérison, de rédemption, ou tout simplement de bénédiction avant un voyage, une épreuve ou même la mort.

Vêtus d'une pèlerine, protégé des intempéries par un chapeau, les Miquelots (pèlerins du mont Saint Michel) se reconnaissaient mutuellement par une coquille. Partis de Saint Jacques de Compostelle en Espagne, du Monte Gargano en Italie ou des villes normandes, ils observaient une halte à Gênets, en bordure de la baie avant de la traverser à marée basse. Jusqu'à présent, en effet, les marées conditionnent la traversée des grèves et la route peut être dangereuse jusqu'au Mont. A marée haute (2 fois par jour), la mer parcoure une distance d'une quinzaine de kilomètres à une vitesse surprenante avant de submerger l'itinéraire des pèlerins à travers les grèves. Conséquemment, des visiteurs non avertis peuvent se retrouver piégés entre les eaux. La protection du Saint Archange est alors évoquée tout le long du chemin, entre chants et prières.

Le pèlerinage contemporain

S'informer auprès d'associations comme la Maison de la baie à Gênets, la Fédération Française de Randonnées Pédestre ou l'Office du tourisme du Mont Saint Michel, s'avère aujourd'hui indispensable si le pèlerinage ne fait pas partie intégrante d'un voyage organisé.

À l'église abbatiale, apogée du pèlerinage, des offices sont célébrés suivant un calendrier précis pour les chrétiens venus en masse. Plusieurs établissements hôteliers existent au mont Saint Michel ou sur la digue afin d'héberger Miquelots et touristes. L'achat de souvenirs peut s'effectuer au village dont les habitants se sont convertis, par les siècles de pèlerinage, en artisans confirmés.

Les conditions ont certes évolué à travers les âges, mais la réputation du Mont Saint Michel en tant que lieu saint semble atteindre son apogée de nos jours.

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